On arrivait. Elle se penchait déjà à la portière. Je repris d'une voix un peu forte, presque impérieuse, pour que mes paroles se gravassent bien dans son cerveau.

—Dites aussi mon nom, Guillaume Berlat. Au besoin, dites que vous me connaissez... Cela nous gagnera du temps... il faut qu'on expédie l'enquête préliminaire... l'important c'est la poursuite d'Arsène Lupin... vos bijoux... Il n'y a pas d'erreur, n'est-ce pas? Guillaume Berlat, un ami de votre mari.

—Entendu... Guillaume Berlat.

Elle appelait déjà et gesticulait. Le train n'avait pas stoppé qu'un monsieur montait, suivi de plusieurs hommes. L'heure critique sonnait.

Haletante, la dame s'écria:

—Arsène Lupin... il nous a attaqués... il a volé mes bijoux... Je suis madame Renaud... mon mari est sous-directeur des services pénitentiaires... Ah! tenez, voici précisément mon frère, Georges Ardelle, directeur du Crédit Rouennais... vous devez savoir...

Elle embrassa un jeune homme qui venait de nous rejoindre, et que le commissaire salua, et elle reprit, éplorée:

—Oui, Arsène Lupin... tandis que Monsieur dormait, il s'est jeté à sa gorge... M. Berlat, un ami de mon mari.

Le commissaire demanda:

—Mais où est-il, Arsène Lupin?