Quels avaient été ces moyens?… Voilà ce qu'il importait de connaître, et, pour y arriver, il ne reculerait pas devant l'intimidation. Il ne se souciait plus guère, à présent, de l'allusion à l'empreinte de pas faite dans le Monde. La partie était engagée à fond, et Coche seul pouvait apporter la victoire. Aussi bien l'affaire allait passer aux mains d'un juge d'instruction, et il aurait voulu la lui remettre toute simple, dégagée du mystère qui l'entourait depuis la première heure.
La sonnerie du téléphone retentit:
— Qu'est-ce que c'est? demanda-t-il.
— Javel, l'inspecteur que vous avez envoyé rue de Douai.
— Bon, et bien?
— M. Coche n'a pas reparu chez lui depuis trois jours.
Une stupéfaction violente se peignit sur le visage du Commissaire. Ainsi, depuis trois jours, pas plus au journal qu'à son domicile on n'avait vu le reporter? Si invraisemblable que parût la chose, il fallait se résoudre pourtant à accorder à cette disparition des raisons graves.
Or, étant donnés les événements, leur succession rapide et mystérieuse, une raison grave ne pouvait être qu'une raison se rapportant au crime du boulevard Lannes. Dès lors deux hypothèses se présentaient: ou bien Onésime Coche avait fait semblant de disparaître afin de poursuivre seul et pour son compte une enquête parallèle à celle de la police; ou bien il avait été mêlé d'une façon quelconque au drame, et alors deux solutions se présentaient de nouveau: la première, assez favorable: il avait mis quelques centaines de kilomètres et la frontière entre lui et la police; la deuxième solution (se rapprochant peut-être de la vérité): des gens ayant intérêt au silence, et craignant qu'un mot imprudent de sa part ne les perdit, l'avaient simplement supprimé…
Toujours, d'après la même méthode hâtive et fantaisiste, le
Commissaire s'arrêta à cette dernière version.
Il se pencha sur la plaque et dit à l'Inspecteur: