Il compta: Un… deux… trois… quatre… cinq…

—Cette fois, c'est suffisant. A trop vouloir pousser, j'abîmerais….

Il prit le cliché, le secoua verticalement, le passa dans l'eau, et me le tendit:

—Regarde.

Mais soudain, comme j'allongeais la main, je le vis reculer vivement, se courber, approcher la plaque de la lanterne et, dans cette seconde, son visage éclairé par la lumière rouge m'apparut si effrayant que je m'écriai:

—Qu'est-ce que tu as?

Ses yeux étaient démesurément ouverts, ses lèvres relevées découvraient ses dents, ses mâchoires s'entrechoquaient; j'entendais son coeur bondir dans sa poitrine, et je voyais son grand corps osciller d'avant en arrière.

Je mis la main sur son épaule, et, cherchant à me rendre compte de ce qui faisait naître en lui cette effroyable angoisse, je lui criai pour la seconde fois:

—Voyons… Réponds… Qu'est-ce que tu as?

Alors, tournant vers moi une face qui n'avait plus rien d'humain, plongeant ses yeux sanglants dans mes yeux, il me saisit le poignet d'un mouvement si brutal que ses ongles entrèrent dans ma chair.