TYLTYL, embrassant ardemment Milette.
Oui, oui, embrassons-nous encore, encore et tant qu'on aura des baisers sur les lèvres!... Dieu que c'est bon, que c'est bon, que c'est bon! Je n'avais jamais embrassé personne jusqu'ici; et je ne savais pas du tout ce que c'était!... Dieu que c'est bon, que c'est bon, que c'est bon!... Je n'en aurai jamais assez!... Nous n'allons plus faire autre chose!...
MILETTE
Moi aussi, moi aussi!... Moi non plus, moi non plus!... Je n'avais embrassé que papa et maman; ce n'est pas du tout la même chose.... Mais c'est bien vrai que tu m'aimes, mon Tyltyl, et que tu n'aimes que moi?... Qui entre là?...
Entre, en ouvrant le mur qui se referme derrière elle, une jeune fille vêtue d'un corsage et d'un cotillon rouge sang. A sa ceinture pendent un fusil et un couteau à dépecer. Elle s'élance vers Tyltyl et l'embrasse en s'écriant: «Me voici, mon Tyltyl, me voici...?»
TYLTYL, à la Fée.
C'est Belline, ma cousine, la fille du boucher.... Qu'as-tu donc, te voilà tout en eau et tout essouflée, ma Belline?...
BELLINE
Je crois bien!... Il y a loin du village à chez toi!.... Je n'ai pas pris le temps de me laver les mains.... J'aidais papa à dépecer un veau; dès que ta pensée m'a fait signe, j'ai lâché mon couteau, j'ai tout quitté pour accourir plus vite.... Il paraît même que là-bas je me suis fait au doigt une profonde entaille; mais ici ça ne se voit plus.... Papa n'y comprend rien, il doit être furieux. (Apercevant Milette.) Bonjour, Milette!...
MILETTE