— Voyez combien ce petit bureau, qui ne faisait aucun effet dans mon hôtel, prend de valeur ici. Ne trouvez-vous pas que cette glace est un amour ?

Je dis : oui ! avec sincérité, car c’était son image que je regardais dans la glace.

Peut-être Jacqueline était-elle rentrée sans que je m’en aperçoive, car les paroles de Chinette sur les meubles m’empêchaient de prêter l’oreille à tout autre bruit.

Il devait être assez tard quand nous allâmes voir une délicieuse petite coiffeuse qui était dans sa chambre à coucher. Elle était placée devant la fenêtre, et, pour la bien voir, il n’y avait vraiment pas moyen de faire autrement que de s’asseoir sur le lit.

C’est ce que nous fîmes, et Chinette n’expliqua les beautés de la coiffeuse.

Que faire pour empêcher une femme charmante de parler trop longuement sur les meubles, quand il est tard et qu’on est assis à côté d’elle sur son lit ?

EN ÉCOUTANT DES MULES QUI TOMBENT

On ne sait pas à quoi l’on s’engage quand, allant au cinquième étage d’une maison, on s’arrête au quatrième pour y prendre le thé avec une ancienne camarade.

La guerre a créé un état nouveau de la sympathie. Les anciennes camarades ne sont plus ce qu’elles étaient jadis. Elles sont bien moins occupées. La solitude et l’oisiveté les ont transformées et leur camaraderie prend volontiers une forme sensuelle.

J’étais entré pour quelques minutes et je demeurai toute une semaine. Les pas de Jacqueline sur ma tête rythmaient matin et soir le remords que j’avais de la laisser sans nouvelles. Je me disais : Ce sera pour demain. Et le lendemain le charme des heures me retenait encore.