—Je ne l'entends pas... Elle remue les lèvres, mais je suis sourde. Ah! que je souffre! Je voudrais entendre pourtant!

—Où sont-ils?

—Dans une maison, au vieux Caire, chez Mériem!

—C'est impossible, tu te trompes!

—Je dis vrai. Mériem s'en va. Elle les laisse seuls. Ils s'embrassent.

—Tais-toi! tais-toi! tu me rendrais fou de colère si je te croyais.

—Tu refuses de me croire? Va donc t'en assurer, tu peux entrer dans la maison, la porte n'est pas fermée et Mériem est loin... Ah! je ne vois plus!...

Et Tomadhyr tomba dans mes bras en s'écriant: Ne l'épouse pas! elle ne t'aime pas! elle te trahit... Moi seule je t'aime!

Puis elle fondit en sanglots et eut une attaque de nerfs.

Je la laissai aux soins de Zabetta, j'allai prendre mon cheval. Je ne savais trop ce que je faisais, j'agissais comme dans un rêve. Je connaissais la maison de Mériem et je partis au galop. Cette course me calma un peu. Je me trouvai bien fou d'ajouter foi aux hallucinations d'une extatique, et je fus sur le point de rebrousser chemin. Je n'en fis pourtant rien et je me trouvai en face de la porte de Mériem. Elle était entre-bâillée, comme me l'avait dit Tomadhyr. Je sautai à terre et j'entrai sans bruit. On chuchotait derrière la tapisserie de la chambre où j'avais jadis retrouvé Sylvie.