—Oui, pense à une personne.

Je pensai à cette singulière fille qui se prétendait ou se croyait douée de seconde vue.

—Tu penses à moi, dit-elle.

—C'est vrai: à quoi reconnais-tu cela?

—Je me suis vue passer là.

—Et maintenant à qui est-ce que je pense?

—À une femme blonde, très-jolie, elle se promène avec un petit garçon, très-joli aussi. Elle est habillée à la française, l'enfant aussi.

Je restai stupéfait. Pour la dérouter, j'avais reporté ma pensée sur mademoiselle de Cérignan et le jeune Louis.

—Et peux-tu me dire où est cette dame?

—Dans un jardin près d'un bassin rempli d'eau; voilà un vieux monsieur, un Français avec des cheveux blancs, qui vient les chercher... Ils s'en vont... ils entrent dans une maison... Je ne vois plus que le sable de l'allée et des fleurs bleues.