Affaire d'habitude, vous voyez, puisque personne n'y fait attention… Pour l'union libre ce serait la même chose… Les esprits vraiment forts l'accepteraient d'emblée; les autres protesteraient un peu; mais dans quelques années, personne n'y penserait plus.
MARTHE
L'union libre, l'union libre! c'est bientôt dit… Ca n'est pas seulement la morale qu'il faut envisager… Il y a aussi les intérêts des deux partis… les intérêts de la Société!…
LORET
Oh! la Société ne serait pas menacée. Il y aura toujours des naissances.
MARTHE
Justement!… Quel serait donc le sort des enfants?… Quelle garantie la mère aura-t-elle contre l'abandon ou l'indifférence possible du père?… Quelle sécurité contre un lendemain aléatoire qui, sans transition, peut la faire passer de l'aisance d'un foyer conjugal à la misère de la femme délaissée, sans ressource, obligée de travailler pour vivre, et n'ayant pas toujours le travail sous la main… (un temps) Dans l'union libre, je vois très bien les avantages de l'homme; je ne vois pas du tout ceux de la femme.
BERTRANDE
C'est juste!