Non… elle est à vous surtout.
ROMAGNY
Mais…
VILLERS
Elle est à vous plus qu'à moi, oui!… Je comprends bien à présent… Je lui ai donné la vie, c'est vrai, mais c'est vous qui m'avez remplacé auprès d'elle. C'est vous qui avez assumé la tâche de l'élever. Vous avez rempli envers elle tous les devoirs que j'aurais dû accomplir… Aujourd'hui, l'enfant vous préfère à moi, c'est tout naturel… c'est son droit, c'est même son devoir… Je recueille maintenant le fruit de ma négligence et de mon indifférence… (avec force) Un homme ne devrait jamais oublier qu'il est père ni momentanément abdiquer ses droits au profit d'un autre.
ROMAGNY
Il y avait le divorce.
VILLERS
Le divorce n'est pas en cause. Le divorce sépare l'homme et la femme, le père et la mère, mais il ne diminue pas les devoirs de ceux-ci vis-à-vis de leurs enfants… leurs charges restent les mêmes… Pour l'avoir oublié ou pour ne pas y avoir pensé plus tôt, je paye cruellement aujourd'hui mon erreur… Enfin! le châtiment doit atteindre le coupable… Gardez l'enfant! C'est à moi de me priver de ses baisers et de ses caresses.
LUCIENNE, à Villers