D—«Vous avez été l'instigatrice principale de la trahison de Louis Capet; c'est par vos conseils, et peut-être par vos persécutions, qu'il a voulu fuir la France, pour se mettre à la tête des furieux qui voulaient déchirer leur patrie?»
R—«Mon époux n'avait jamais voulu fuir la France; je l'ai suivi partout; mais, s'il avait voulu sortir de son pays, j'aurais employé tous les moyens pour l'en dissuader; mais ce n'était pas son intention.»
On presse la Reine de questions sur ce sujet, comme on l'en avait pressée lors de l'affaire de l'œillet. Comme au 4 septembre, elle répond avec un sang-froid et une présence d'esprit qui ne se démentent pas et qui confondent Herman.
D—«Vous n'avez jamais cessé un moment de vouloir détruire la liberté; vous vouliez régner à quelque prix que ce fût, et remonter au trône sur les cadavres des patriotes?»
R—«Nous n'avions pas besoin de remonter sur le trône, puisque nous y étions; nous n'avons jamais désiré que le bonheur de la France, qu'elle fût heureuse; mais qu'elle le soit, nous serons toujours contents.»
..... D—«Quel intérêt mettez-vous aux armes de la République?»
R—«Le bonheur de la France est celui que je désire par-dessus tout.»
D—«Vous regrettez sans doute que votre fils ait perdu un trône sur lequel il eût pût monter, si le peuple, enfin éclairé sur ses droits, n'eût pas brisé ce trône?»
R—«Je ne regretterai rien pour mon fils, quand mon pays sera heureux.»