«4o Marie-Antoinette d'Autriche, veuve de Louis Capet, est-elle convaincue d'avoir participé à ce complot et conspiration?»

Les jurés se retirent dans la chambre des délibérations, et l'accusée est emmenée [1651]. Au bout d'une heure environ, les jurés rentrent et, à l'unanimité, répondent affirmativement sur toutes les questions.

Par une dernière hypocrisie, Herman exhorte l'assistance à s'interdire toute marque d'approbation, et, faisant ramener Marie-Antoinette, il lui donne lecture de la déclaration du jury.

Fouquier prend la parole, et, conformément à l'article 1er de la 1re section du titre I de la IIe partie du Code pénal, requiert contre l'accusée la peine de mort. Le président demande à la Reine si elle a quelques réclamations à faire sur l'application de la peine. La Reine secoue la tête, sans dire un mot.

Le président consulte ses collègues; le Tribunal opine à haute voix et Herman déclare que Marie-Antoinette de Lorraine d'Autriche, veuve de Louis Capet, est condamnée à la peine de mort.

La Reine reste impassible. Pas une contraction sur son visage; pas une larme dans ses yeux [1652]. Brisée de fatigue, épuisée par la perte de son sang, affaiblie par le manque de nourriture,—elle n'a presque rien pris depuis douze heures,—son incomparable énergie la soutient. Elle ne dit pas un mot, elle ne fait pas un geste; sereine et fière, elle quitte la salle d'audience, la tête haute, et rentre à la Conciergerie, où les gendarmes la conduisent dans le cachot des condamnés à mort [1653].


CHAPITRE XXVII

La dernière journée.—Lettre de Marie-Antoinette à Mme Élisabeth.—La Reine s'habille et se jette quelques instants sur son lit.—L'abbé Girard.—Le bourreau Samson.—Préparatifs dans Paris.—La Reine monte dans la charrette des condamnés.—Le trajet de la Conciergerie à la place de la Révolution.—Le comédien Grammont et la citoyenne Lacombe.—L'échafaud.—La mort.—Conclusion.