R.—Je regarde comme mes ennemis tous ceux qui peuvent faire du tort à mes enfants.—Premier interrogatoire de la Reine. Affaire de l'œillet.—Marie-Antoinette à la Conciergerie, 12.

[1593] On a de Rougeville trois versions de l'affaire de l'œillet. Une première fois, le 18 novembre 1793, arrêté comme espion par les Autrichiens, il fut interrogé par Fersen qui a consigné dans son journal les réponses du prisonnier. Cinq mois plus tard, en avril 1794, il envoya un mémoire justificatif au comte de Metternich. Enfin, en l'an V, il en adressa un autre aux Cinq-Cents. M. Lecestre, dans son travail sur Les tentatives d'évasion de Marie-Antoinette, s'est appuyé sur les deux dernières versions. Nous nous sommes surtout guidés d'après la première, qui, étant la plus rapprochée de l'événement, nous a paru devoir être la plus exacte et que corroborent d'ailleurs les documents officiels. Rougeville, comme le remarque justement M. Lecestre, est un peu hâbleur; il aime à poser et il faut se défier de certains développements emphatiques de ses mémoires. Fersen le jugeait de même et, après l'avoir vu, il écrivait sur son Journal: «Je trouvai un homme un peu fou, très entiché de lui, de ce qu'il fait, se donnant une grande importance, mais pensant bien et nullement espion.»—Journal de Fersen, 18 novembre 1793.—Le comte de Fersen et la Cour de France, II, 160.

[1594] Ibid., II, 102.

[1595] Procès-verbal du département de la police, cité par M. de Beauchesne.—Histoire de Mme Elisabeth, II, 153, 154, note.

[1596] Ibid., II, 154.

[1597] Cette seconde croisée ne fut probablement pas bouchée entièrement: Chauveau-Lagarde dit que la lumière pénétrait dans le cachot de la Reine par deux petites croisées, garnies de barreaux de fer.

[1598] Archives nationales, W, 297, dossier 261, cote 3ème.—Marie-Antoinette à la Conciergerie, 55-57.

[1599] Récit exact, par la veuve Bault, 10.

[1600] Ibid., 14.

[1601] Ibid., 15.