La redingote serrée à la taille, boutonnée jusqu’au menton, les cheveux coupés ras, la barbe grisonnante soigneusement taillée, correct, Jecker avait le visage grave, avec une légère pâleur.
Il ne se faisait certainement aucune illusion sur le sort qui l’attendait, se sachant désigné pour la mort. A l’un de ses compagnons de captivité qui cherchait à le rassurer, il avait confié qu’il était poursuivi par une haine violente, étrangère à la Commune, et que cette haine ne le laisserait pas sortir vivant de la prison.
Jecker était donc tout préparé à la mort. Ce fut d’une voix ferme qu’il répondit au semblant d’interrogatoire que lui fit subir Clavier, dès qu’il fut entré dans la salle du greffe.
Clavier questionna le prisonnier pendant un grand quart d’heure. Il lui reprocha «l’immense fortune» acquise dans les spéculations mexicaines.
Jecker ne répondait pas, faisant seulement de la tête quelques signes de dédaigneuse protestation.
—Mais enfin, dit Clavier, cette fortune, vous l’avez! Où est-elle? Où l’avez-vous cachée?
Jecker continua de protester, avec calme.
—Je n’ai rien, répétait-il. Rien. Je dois des millions à mes créanciers, et c’est pour tenter la fortune que je voulais retourner à Mexico.[86]
—Alors, reprit Clavier, comment faites-vous concorder vos déclarations actuelles avec les offres d’argent que vous faisiez hier à François?
—Mais, répondit brusquement Jecker, je n’ai jamais fait d’offres à personne, pas plus à M. François qu’à quiconque.