—Oui, reprit Gois... Ah! je sais bien que tu voudrais en sauver un... Mais, sois tranquille, j’ai l’œil dessus...

Et, ce disant, Gois tenait son regard, fixe et dur, attaché à une table, derrière laquelle, assis, écroulé, cherchant à dissimuler son visage, était un homme, l’un des quatre...

Cet homme s’appelait Greffe. Il était ami de François.

—Ajoute donc à la liste, dit Gois à François, les quatre noms que tu connais bien: Largillière, Ruault, Greffe et Dereste.

—Greffe! s’exclama François. Mais pourquoi lui!

—Tu me le demandes!... Prends garde à toi!... Je sais que tu l’as déjà fait fuir. Mais cette fois, il n’échappera plus... Assez de paroles. Fais descendre tout cela.

—Mais, objecta encore François, où les conduis-tu?

—Que t’importe! Allons! fais vite copier la liste. Et en marche!

La liste recopiée au greffe, Gois la parcourut, la confronta avec celle qu’il avait dressée, compta encore une fois les noms. Un quart d’heure après, les otages voués à la mort étaient réunis dans le préau central.

Trente-six gardes de Paris, la plupart faits prisonniers au 18 Mars, dix prêtres et réguliers, quatre civils.[94] Plusieurs tête nue. Quelques-uns, qui croyaient à un simple changement de prison, portaient à la main leurs hardes nouées dans un foulard.