Il n’y a là, bien entendu, rien de la faute du directeur de la Commune. Il fallait frapper vite. Les coins nouveaux n’étaient pas prêts. On n’eut le temps de rien changer au type de 1848. C’est ainsi que Dieu continua à protéger la France et aussi la Commune de Paris, au mois de mai 1871.

reliques

La Monnaie était devenue, en peu de jours, le réceptacle de tout ce que les ministères, administrations, monuments, possédaient de métaux précieux, sous forme d’ustensiles ou d’œuvres d’art de valeur douteuse.

Certains ministères[226] envoyèrent de la vaisselle aux armes royales ou impériales. Les trésors des églises ne furent guère inquiétés. Des patriotes zélés, probablement très peu au courant de la pacotille du culte, venaient à tout instant dénoncer à la Monnaie des richesses incroyables qu’ils avaient découvertes, un soir de club, dans tel ou tel sanctuaire.

Parfois, pour les contenter, on envoyait un employé en reconnaissance. Les objets d’art en or et en argent se réduisaient bien vite, au premier examen, à quelques vulgaires lampadaires modernes, en faux bronze doré, comme le commerce des objets pieux en fabrique à la grosse.

Les Tuileries fournirent à la Monnaie une ample moisson de bibelots. Les appartements de l’Impératrice étaient un véritable magasin d’objets de piété. Les reliquaires y furent trouvés partout. Chacun d’eux copieusement garni de débris de toute provenance.

Tous les saints et toutes les saintes étaient représentés, par quelque morceau de leur enveloppe charnelle, dans l’oratoire de la superstitieuse souveraine.

Le moment venu de mettre toute cette bimbeloterie au four, le fondeur, un solide gaillard, prenant un à un les reliquaires, versés dans un panier, les jetait dans le creuset, accompagnant son geste de quelque apostrophe joyeuse.

—A toi, ma vieille Brigitte!

—Mon vieux Nis (saint Denis), tu vas passer un fichu quart d’heure.