Aux premières heures de l’après-midi de ce même jour, Delescluze, accompagné de plusieurs membres de la Commune, s’était rendu à la porte de Vincennes. Il s’agissait de tenter une démarche près des autorités militaires allemandes, en vue d’un armistice ou d’une proposition quelconque à transmettre au gouvernement de Versailles.
Cet incident est resté assez obscur.
Au nombre des membres de la Commune qui accompagnaient le délégué à la Guerre, était Georges Arnold.
C’est d’Arnold que je tiens le récit suivant:
Dans la matinée du jeudi—me raconta Arnold—je reçus, à la mairie du onzième, la visite d’un de mes parents, commerçant, installé boulevard Voltaire, qui me dit connaître quelqu’un qui se chargerait d’obtenir, par l’entremise des Prussiens, l’acceptation par le gouvernement de Versailles de la cessation des hostilités, à certaines conditions à débattre.
Après quelques minutes de conversation, mon parent sortit. Peu après il me mettait en présence de l’intermédiaire.
Je fis part, sans tarder, de la situation à mes collègues de la Commune, qui étaient encore une vingtaine présents à la mairie.
La proposition fut acceptée. Il fut convenu que la délégation, accompagnant l’intermédiaire—passé au rôle de parlementaire—serait composée de Delescluze, Vaillant, Vermorel, et de moi-même.[229]
Nous nous rendrions à la porte de Vincennes, et, après l’avoir franchie, nous prendrions, d’accord avec l’homme qui se faisait fort de mener à bien les pourparlers, toutes dispositions pour remplir notre mission.
Nous partîmes, suivis d’un détachement de fédérés recrutés sur la place Voltaire.