Libres! Plus de gendarmes! Plus de passeports! Plus de commissaire! Plus de prison, plus de bagne, plus de fusillade!

Après trois heures de descente vertigineuse, nous sommes à Nyons. Un bateau à vapeur nous ouvre ses flancs.

Genève!

Où dirigeons-nous nos pas?

Bien sûr, quelques-uns des nôtres ont déjà mis le cap sur la ville hospitalière. Mais où diable les rencontrer? Il est six heures. Si nous interrogions quelque passant?

Un solide gendarme suisse—ça doit être un gendarme—est là de planton, à la sortie du bateau.

Si je demandais au gendarme? Un gendarme suisse, ça doit être tout ce qu’il y a d’aimable. Allons-y.

—Pardon, monsieur le gendarme. Est-ce qu’il y a un café où se réunissent de préférence les étrangers?

Le gendarme me toise. Il veut évidemment être un sérieux gendarme. Il a l’air de me répondre que cela lui est bien égal. Ou plutôt il ne me répond rien du tout. Je réitère.

—Nous venons pour la première fois ici... Nous sommes Français... Nous voudrions retrouver des camarades...