[12] Dès l’entrée des troupes versaillaises, les pompiers qui étaient restés au service de la Commune furent en butte aux plus cruelles représailles. On accusait ces infortunés d’activer les incendies en emplissant leurs pompes de pétrole!

[13] Rigault (Raoul), membre de la Commune (8e), délégué à l’ex-préfecture de police. Procureur général de la Commune (27 avril).

[14] Sapia (Théodore), chef du 146e bataillon de la Garde Nationale sous le siège. Blessé grièvement le 22 janvier, place de l’Hôtel-de-Ville, et transporté à l’Hôtel-Dieu, il expira pendant le trajet.

[15] Vaillant (Edouard), membre de la Commune (8e arrondissement). Délégué à l’enseignement (21 avril). Aujourd’hui député de Paris.

[16] Le sergent se trompait. Ceux qui étaient conduits à l’Ecole militaire étaient fusillés dans la cour même de l’Ecole, ou dans la cour de l’ancienne Ecole d’Etat-Major de la rue de Grenelle. Voici, entre tous, un épisode de ces jours sinistres. Il m’a été récemment conté par un ami, le propre fils de l’officier supérieur qui commandait en 1871 à l’Ecole militaire. Le narrateur avait, à l’époque de la Commune, quinze ans.

«La femme d’un commerçant du voisinage était venue, éplorée, réclamer son mari, arrêté quelques heures auparavant.—Il vient de sortir à l’instant, répondit-on à la femme quand elle se présenta au poste installé dans l’ancienne Ecole qui servait de quartier-général. C’était vrai. Le malheureux venait de sortir, mais étendu dans une voiture à bras de boulanger, les deux pieds dépassant sous le couvercle abaissé. Le sang coulait à travers les planches du fond. L’homme avait été fusillé dans le jardin de l’Ecole, contre un vieux mur tapissé de lierre.»

Autre épisode, de la même source, et toujours à l’ancienne Ecole d’Etat-Major de la rue de Grenelle:

«Un des jours de la semaine de Mai, un matin, une femme portant un nourrisson dans les bras, reconnaît, parmi les prisonniers que l’on conduisait fusiller, son mari. Elle se précipite, veut lui parler. Mais un coup de crosse la jette sur la bordure du trottoir, tandis que l’enfant va rouler dans le ruisseau.»

[17] C’est à cette place, adossé au piédestal de l’un des lions de pierre (celui de gauche) qui ornent l’entrée de l’avenue de l’Observatoire, que fut fusillé, le matin du 28 mai, le docteur Tony-Moilin. Son seul crime avait été de faire partie, dans les premiers jours qui suivirent le 18 mars, de la municipalité du 6e arrondissement (Saint-Sulpice).

[18] Treillard, directeur de l’Assistance publique (13 avril). Arrêté à son domicile après l’occupation du 5e arrondissement (Panthéon); conduit à l’Ecole polytechnique, il y fut passé par les armes.