AMÉRIQUE, ainsi nommée d'Amerigo Vespucci. On la peint comme une femme au teint olivâtre, coiffée de plumes et armée de flèches. A ses pieds, une tête percée d'une flèche, dénote qu'elle a des habitans antropophages. A ses côtés est le calumet, dont les ailes du caducée de Mercure annoncent l'usage. La pêche et la chasse, principale occupation des Américains, sont désignés par deux enfans changés l'un de poisson, l'autre de gibier. Le caïman et le bananier achèvent de la caractériser. Lebrun l'a exprimée par une femme d'une carnation olivâtre, qui a quelque chose de barbare. Elle est assise sur une tortue, et tient d'une main une javeline, et de l'autre un arc. Sa coiffure est composée de plumes de diverses couleurs; elle est revêtue d'une espèce de jupe qui ne la couvre que de la ceinture aux genoux.

ARESKOVI, AREOUSKI, dieu de la guerre, que les Hurons invoquaient avant de se préparer au combat, par cette prière que prononçait leur Chef: «Je t'invoque pour que tu sois favorable à mon entreprise; et vous, esprits, bons ou mauvais, vous tous qui êtes dans les cieux, sur terre et sous terre, je vous invoque aussi. Pressez votre puissance, et faites en sortir tous les fléaux vengeurs, qui versent la destruction sur nos ennemis. Rendez-les victimes de notre colère, et ramenez-nous dans notre pays couverts des ornemens de la victoire; que la gloire nous porte sur ses ailes jusque dans les pays les plus éloignés. Et toi! mort, aiguise ta faux tranchante: fais baiser la poussière de nos pieds à ces tribus qui nous veulent la guerre.»

ATAHUATA, nom du créateur du monde dans l'opinion de certains sauvages riverains du St. Laurent. V. Otkee.

ATLANTIDE, île fabuleuse, que Platon place dans l'Océan près des colonnes d'Hercule, et qu'il suppose avoir été engloutie. Je ne la mentionne que parce que M. Garneau, de Québec, qui publie une nouvelle histoire du Canada, semble être d'opinion que des auteurs ont cru que l'Atlantide était l'Amérique.--Diodore, sicule, place dans cette île le berceau de toute les mythologies.

CHOUN, divinité adorée dans le Pérou, avant l'origine des Incas. Les Péruviens racontaient qu'il vint chez eux, des parties septentrionales du monde, un homme extraordinaire, qui avait un corps sans os et sans muscles; qu'il abaissait les montagnes, comblait les vallées, et se frayait un chemin en des lieux inaccessibles. Ce choun, législateur du Pérou, établit ce pays, auparavant inhabité. Les parties septentrionales dénotent clairement le nord de l'Europe.

COSMOGONIE. Les peuples qui habitaient les rives du Mississipi, et certains d'entre ceux du Canada s'imaginaient que le ciel, la terre et les hommes ont été faits par une femme qui gouverne le monde avec son fils. Le fils est le principe du bien, et la mère, celui du mal. Voici comment ils expliquent la création. Une femme descendit du ciel, et voltigea quelques temps en l'air, se sachant où poser le pied. La tortue lui offrit son dos: elle l'accepta, et y fit sa demeure. Dans la suite, les immondices de la mer se ramassèrent autour de la tortue, et y formèrent insensiblement une grande étendue de terre. Un esprit, qui savait que la solitude n'était point du goût de cette femme, descendit aussi, et ils eurent deux jumeaux, qui s'occupèrent de la chasse. La jalousie les brouilla, et il y en eut un qui fut enlevé au ciel. L'esprit donna à la femme une fille qui peupla l'Amérique méridionale.

La femme, chassée du ciel, selon les Hurons et les Iroquois, pour l'avoir souillé par son commerce avec Hougoaho, s'appelait Atehentsick.

Le Chippeouais croient que le globe n'était d'abord qu'un vaste Océan, et qu'il n'y avait d'être vivant qu'un puissant oiseau, dont les yeux étaient de feu, les regards des éclairs, et le mouvement des ailes un tonnerre éclatant. Il descendit sur l'Océan, et aussitôt qu'il le toucha, la terre s'élança au-dessus des eaux, et y demeura en équilibre. L'ancienne école de géologie, qui se forma en Europe au seizième siècle, s'expliquait à peu près comme les Chippeouais, è part le puissant oiseau de ces derniers.

D'autre croient que l'être suprême porté sur les eaux avec tous les esprits qui composaient sa cour, forma le monde d'un grain de sable qu'il tira de l'Océan.