Note 66:[ (retour) ] Butler.
La dynastie pohatane avait régné près d'un siècle depuis Vahunsonaca.
A une distance assez considérable des Pohatans vivaient les Potomacs. Japazawa, leur Sachem, fit un traité avec le capitaine Smith, en 1608. On prétend même qu'il s'entendit avec Argall, et lui livra Pocahontas. Quoiqu'il en soit, il parut à Jamestown, en 1619, et permit aux Anglais d'envoyer deux navires sur la Potomac. Le capitaine Croshaw, chef de cette croisière, entra si fort dans les faveurs du Sachem, qu'il fut nommé Chef de guerre contre les Pazaticans, peuple féroce, ennemi des Potomacs.
Mangopeomen lui envoya un député avec un présent de deux corbeilles de perles, et le fit prier de tuer le capitaine; mais il répondit fièrement que les Anglais étaient ses alliés, et Sasapin son frère.
Les complaisances de Japazawa ne furent pas bien récompensées. Iago, Sachem d'une tribu lointaine, s'étant réfugié chez lui, et n'ayant pu obtenir du secours, le perdit dans l'esprit des Anglais. Isaac Madison, envoyé pour se joindre à Croshaw, l'arrêta avec toute sa famille, et le conduisit à Jamestown, où il languit dans une longue captivité. Quoique les Anglais se montrassent bien injustes envers lui, il était peu digne que l'on plaignît son sort, malgré l'épithète de «bon roi», que Smith lui prodigue.
CHAPITRE IX
ARGUMENT
Digression concernant la découverte de la chûte de Niagara--Entrevue de Mayouck avec MM. Price et Willmington--Son récit de la cataracte--Excursion.
La nouvelle Angleterre venait à peine de fixer une retraite aux mécontens des trois Royaumes, que l'on songea à y envoyer des missionnaires qui, par défaut de prosélytes exploitaient les beautés des régions qu'ils parcouraient, suivant en cela le génie du clergé de l'Eglise d'Angleterre, presqu'entièrement composé de savans. Price et Willmington reçurent l'ordre de pénétrer vers le nord. S'étant reposés dans le bourg naissant de Boston [67], ils dirigèrent leur course vers le but qui leur avait été indiqué. Déjà ils avaient franchi une chaîne de montagnes, lorsqu'ils tombèrent dans un pays plat. Après avoir marché plusieurs jours sans rencontrer aucune créature humaine, ils aperçurent enfin dans une clairière et à travers les arbres, un groupe de sauvages qui, s'approchant d'eux, leur parlèrent un langage agréable, mais qu'ils ne comprenaient pas. Les gestes de ces sauvages marquaient leur surprise à la vue d'hommes si différens d'eux, et n'ayant pour arme que ce qui leur semblait un bâton poli. Au milieu de cet ébahissement une bande d'oies passa au-dessus de leurs têtes. Ils décochèrent leurs flèches; mais ce fut sans effet. Nos visiteurs tirèrent en même temps, et, au grand étonnement de la troupe deux oies tombèrent expirantes sur le sol.