Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains.

et il lui fait dire plus loin:

Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersés,

Suffisent à ma cendre, et l'honorent assez.

Ce langage convient aussi bien à notre héros. A sa mort, la paix reparut, plus bienfaisante que jamais, parce que la lutte avait été plus accablante. Le territoire de Plymouth avait vu en cendres la ville de Swanzey, et pas moins de dix forts du Massachusetts avaient disparu. Les établissemens sur les rivières Custer et Piscataqua, en New-Hampshire, avaient été attaqués et ravagés. Les autres colonies souffrirent en proportion; et celle qui perdit le moins fut celle de Connecticut. Mais elle paya de ses soldats à l'attaque des Narraghansetts. Plus de mille habitation avaient été détruites, et des marchandises et des bestiaux pour une valeur immense, avaient été pillés. Une grande partie de la population avait péri, et celle qui resta et qui survécut à la guerre contracta une dette immense, qui devint un fardeau plus insupportable au fur et à mesure que les ressources diminuèrent. En un mot, de tous le Américains fameux, Philippe de Pokanoket fut celui qui fit plus de mal aux colonies.

CHAPITRE XXI


ARGUMENT

Quoique j'aie préféré dans cet article les historiens généraux des Etats-Unis aux écrivains qui nous ont laissé des chroniques sur les évènemens de la terrible guerre qui m'occupe, je trouve pourtant dans ceux-ci quelques particularités fort intéressantes. J'y vois comment le terrible Sachem échappe tant de fois à ses ennemis. Après la bataille de Narraghansett, il ne se sauve que'en s'aventurant avec quelques guerriers intrépides sur la rivière Taunton: c'est là que Outamore, femme courageuse périt à sa suite [92].

Note 92:[ (retour) ] Parente de Philippe, et Sachem de Pocasset, se joignit à lui, et se noya près de Swansey. Sa tête fut exposée à Taunton. Aouashonks suivit aussi le parti de Philippe; mais le capitaine Church, avec qui elle eut commerce la pacifia. Il nous a décrit ses entrevues avec cette amazone. Elle était Sachem de Sogkomate, et dix sauvages de sa tribu vivaient encore à Compton, en 1803.