Le Mexicain qui proférait ces mots montrait un objet gisant à ses pieds, sur le sol. Nous fûmes bientôt près de lui.
—Caspita! s'écria encore cet homme, c'est un arc blanc!
—Un arc blanc, de par le diable! répéta Garey.
—Un arc blanc! crièrent plusieurs autres, considérant l'objet avec un air d'étonnement et d'effroi.
—C'est l'arc d'un grand guerrier, je le certifie, dit Garey.
—Oui, ajouta un autre, et son propriétaire ne manquera pas de revenir pour le chercher aussitôt que… Sacredié! Regardez là-bas! Le voilà qui vient, par les cinquante mille diables!
Nos yeux se portèrent tous ensemble à l'extrémité de la prairie, à l'est, du côté qu'indiquait celui qui venait de parler. Tout au bout de l'horizon on voyait poindre comme une étoile brillante en mouvement. C'était tout autre chose; un regard nous suffit pour reconnaître un casque qui réfléchissait les rayons du soleil et qui suivait les mouvements réguliers d'un cheval au galop.
—Aux saules! enfants! aux saules! cria Séguin. Laissez l'arc! laissez-le à la place où il était. A vos chevaux! emmenez-les! leste! leste!
En un instant chacun de nous tenait son cheval par la bride et le guidait ou plutôt le traînait vers le fourré de saules. Là nous nous mimes en selle pour être prêts à tout événement, et restâmes immobiles, guettant à travers le feuillage.
—Ferons-nous feu quand il approchera, capitaine? Demanda un des hommes.