Séguin ne répondit rien, et se contenta de montrer l'arc qu'El-Sol était en train de bander.
—Oh! c'est juste; vous avez raison, capitaine; je vous demande pardon.
J'avais oublié ce morceau d'os.
Le Coco prit une flèche dans le carquois, en soumit la pointe à l'épreuve de sa liqueur. C'était une flèche de chasse: il l'ajusta sur la corde, et l'envoya à travers le corps d'un loup blanc qui tomba mort sur le coup. Il retira sa flèche, l'essuya, et abattit un autre loup, puis un autre encore, et ainsi, jusqu'à ce que cinq ou six cadavres fussent étendus sur le sol.
—Tuez un coyote pendant que vous y êtes, cria un des chasseurs. Des gentlemen comme nous doivent avoir au moins deux services à leur dîner.
Tout le monde se mit à rire à cette saillie; El-Sol ne se fit pas prier, et ajouta un coyote aux victimes déjà sacrifiées.
—Je crois que nous en aurons assez maintenant pour un repas, dit El-Sol, retirant la flèche et la replaçant dans le carquois.
—Oui, reprit le farceur. S'il nous en faut d'autres, nous pourrons retourner à l'office. C'est un genre de viande qui gagne beaucoup à être mangée fraîche.
—Tu as raison, camarade, dit un autre; pour ma part, j'ai toujours eu un goût particulier pour le loup blanc; je vas me régaler.
Les chasseurs, tout en riant des plaisanteries de leur camarade, avaient tiré leurs couteaux brillants, et ils eurent bientôt dépouillé les loups. L'adresse avec laquelle cette opération fut exécutée prouvait qu'elle n'avait rien de nouveau pour eux. La viande fut aussitôt dépecée, chacun prit son morceau et le fit rôtir.
—Camarades! comment appellerez-vous cela? Boeuf ou mouton? demanda l'un d'eux qui commençait à manger.