—Regarde le terrain, Bill! c'est tout plaine. Qu'est-ce que nous aurons après la première décharge' Ils auront l'avantage avec leurs arcs et leurs lances. Wagh! ils nous embrocheront comme des poulets.

—Je ne dis pas qu'il faut les attaquer sur la prairie. Nous pouvons les suivre jusque dans les montagnes, et nous battre au milieu des rochers. Voilà ce que je propose.

—Oui. Ils ne peuvent pas nous échapper à la course avec tous ces troupeaux, c'est certain.

—Ils n'ont pas la moindre intention de fuir. Ils désirent bien plutôt en venir aux coups.

—C'est justement ce qu'il nous faut, dit Garey; rien ne nous empêche d'aller là-bas, et de livrer bataille quand la position sera favorable.

Le trappeur, en disant ces mots, montrait le pied des Mimbres, à environ dix milles à l'est.

—Ils pourront bien attendre qu'ils soient encore plus en nombre. La principale troupe est plus nombreuse encore que celle-là. Elle comptait au moins quatre cents hommes quand ils ont passé le Pinon.

—Rubé, où le reste peut-il être? demanda Séguin; je découvre d'ici jusqu'à la mine; ils ne sont pas dans la plaine!

—Il ne doit pas y en avoir par ici, cap'n. Nous avons un peu de chance de ce côté; le vieux fou a envoyé une partie de sa bande par l'autre route, sur une fausse piste, probablement.

—Et qui vous fait penser qu'ils ont pris par l'autre route?