Un cri d'approbation sortit de la foule:
—Bravo! nous les délivrerons, vive le capitaine, viva el gefe!
Quand le silence fut rétabli, Séguin continua:
—Vous connaissez le but, vous l'approuvez. Je vais maintenant vous faire connaître le plan que j'ai conçu pour l'atteindre, et j'écouterai vos avis.
Ici le chef fit une pause; les hommes demeurèrent silencieux et dans l'attente.
—Il y a trois passages, reprit-il enfin, par lesquels nous pouvons pénétrer dans le pays des Indiens en partant d'ici. Il y a d'abord la route du Puerco de l'ouest. Elle nous conduirait directement aux villes des Navajoes.
—Et pourquoi ne pas prendre cette route? demanda un des chasseurs mexicains; je connais très-bien le chemin jusqu'aux villes des Pecos.
-Parce que nous ne pourrions pas traverser les villes des Pecos sans être vus par les espions des Navajoes. Il y en a toujours de ce côté. Bien plus, continua Séguin, avec une expression qui correspondait à un sentiment caché, nous n'aurions pas atteint le haut Del-Norte, que les Navajoes seraient instruits de notre approche. Nous avons des ennemis tout près de nous.
—Carrai! c'est vrai, dit un chasseur, parlant espagnol.
—Qu'ils aient vent de notre arrivée, et, quand bien même leurs guerriers seraient partis pour le Sud, vous pensez bien que notre expédition serait manquée.