En disant ces mots, le Bosjesman ricana et fit une grimace expressive.
—Que voulez-vous dire? demanda Von Bloom.
—Laissez faire le vieux Swartboy, et je vous promets que l'éléphant est à nous! Je sais un moyen de le prendre sans employer vos fusils.
Le Bosjesman communiqua son plan, auquel son maître, craignant de voir se renouveler l'échec de la veille, adhéra avec empressement. On avait par bonheur tous les instruments nécessaires pour l'exécution: une hache bien affilée, une forte courroie et des couteaux.
On se mit à l'œuvre sans perdre de temps.
CHAPITRE XXXVI.
ON FAIT LE LIT DE L'ÉLÉPHANT
Si l'éléphant revenait, ce devait être pendant les heures les plus chaudes de la journée. Les chasseurs n'avaient donc guère plus de soixante minutes pour faire son lit, suivant la facétieuse expression du Bosjesman. Ils commencèrent leurs opérations avec ardeur sous la direction supérieure de Swartboy, aux instructions duquel ils se conformèrent aveuglément.
Il leur fut d'abord ordonné de couper trois pieux de bois dur, chacun d'environ trois pieds de long, gros comme un bras d'homme, et pointu par un bout.
Le bois de fer (olea undulata) croissait en abondance aux alentours. On en coupa trois morceaux de dimensions convenables, qui furent équarris avec la hache et taillés en pointe avec les couteaux.