Et il montrait le cabaret proche. Ému, Lanoix cracha sa cigarette, avala sa salive. Mais s'il fut agité d'un désir, il l'étouffa vite. Car secouant la tête, il refusa net.

Villeret craignit de se démasquer par trop d'insistance. Il rompit, chercha une autre ligne d'attaque:

—Il est trop tard pour visiter les ateliers aujourd'hui, n'est-ce pas?

Lanoix trancha l'air de sa main énorme, en couperet de guillotine:

—Fermé.

Pas prolixe, le ravageur. Villeret regretta:

—C'est dommage. Je suis un ami, un admirateur de M. Chatel.

Ah! certes, M. Chatel n'avait pas de plus fervent admirateur que Lanoix lui-même. C'était son dieu. Pourtant, le gardien resta inflexible. D'un seul coup de sa paume glissée sur sa cuisse, il roula une cigarette:

—Parlez-y.

Et il poussa la porte. Villeret haussa les épaules. Il ne pourrait pas avoir raison de cette brute en l'attaquant de front. Il fallait ruser et ruser vite, car le temps pressait.