Une hirondelle se heurtait aux cloisons, tournoyait, d'un vol affolé.
—Sûr qu'elle se sera glissée dans le hangar et qu'elle aura fait son nid dans un coin, grommela Boulon. C'est pas cérémonieux, ces bêtes-là. Ça s'installe partout.
Elle ne s'échappa que quand les panneaux mobiles eurent démasqué la grande baie. Mme Chatel, sur le seuil, la suivit des yeux.
Cependant, on activait les préparatifs. Boulon se multipliait, attentif et dévoué. Il stimulait Rocat: «L'eau, l'essence... allons, hop!» Belot, méticuleux, le lorgnon pinçant le bout du nez, la pointe de barbe en arrêt, inspectait en tous points son moteur. Chatel, très calme, vérifiait les tendeurs et les commandes. Dans un coin, Aussard crayonnait un croquis sur son bloc-notes.
Quand tout fut prêt, on sortit soigneusement l'appareil. Le ciel restait pur, l'air calme. Un temps à souhait. Et soudain Mme Chatel s'écria encore:
—Oh! regardez! L'hirondelle... l'hirondelle du hangar! Elle ne s'est pas éloignée. Je l'ai bien suivie. Et maintenant elle tourne autour de l'aéroplane. Que veut-elle donc?
L'apprenti Rocat, subtil et souple, se haussait, se baissait, fouillait du regard tous les coins et recoins de l'appareil. Et tout à coup, désignant l'angle de deux surfaces, aile et cloison, il eut un cri de triomphe:
—Tiens, pardi! Elle a fait son nid dans l'aéroplane...
Le peintre Aussard tendit l'oreille:
—Et le joli, c'est qu'il y a des petits!