—Et vous, Belot, qu'est-ce que vous en pensez?

L'ingénieur le regarda par-dessus son lorgnon et détacha nettement:

—J'écoute, et je constate que le problème a trois solutions: 1o partir en détachant le nid; 2o partir en emportant le nid; 3o ne pas partir...

Et de nouveau, le silence tomba, un vrai silence d'angoisse, tant le choix apparaissait délicat, difficile.

Pathétique, Mme Chatel rompit la trêve:

—Il ne faut pas le détacher. Il fait corps avec la toile et les tendeurs. On le briserait. On ne l'aurait qu'en miettes. Et ça porterait malheur à l'aéroplane, au voyage, à mon mari. Non, non, je ne veux pas.

—Cependant, dit le peintre, si Chatel emporte ces petits à 80 à l'heure, ça leur coupera la respiration. Et que deviendra leur mère?

—Elle les suivra, affirma l'apprenti Rocat.

—Quand on pense, gémit Boulon, quand on pense que M. Chatel serait déjà à cinq lieues d'ici, sans ces sacrées bestioles-là!

—Voyons, voyons, déblaya Chatel, je ne peux tout de même pas renoncer à partir, à abandonner mon projet, pour un nid d'hirondelles. Nous sommes là à nous emballer. C'est ridicule...