Lise crut avoir mal entendu. De la graine d'auto... Il se moquait d'elle. Les voitures ne poussent pas toutes seules. Cependant, cet homme sévère, cet homme à barbe ne plaisantait jamais. Ce n'était pas sa manière. Est-ce que vraiment?...
Justement, Claude, le frère de Lise, parut au seuil de la remise, un arc en bandoulière et des flèches à la main. C'était un malin. Il allait sur ses huit ans. Il saurait. L'entraînant dans le jardin, elle lui répéta, un peu confuse tout de même, les paroles du chauffeur.
Imprudente Lise! Elle ne devine pas que Claude, ravi de s'offrir la tête de sa petite sœur et de lui jouer un tour de longue haleine, va épouser la plaisanterie, saisir la bille au bond. Il croise les bras, feint la stupeur:
—Comment! Tu ne savais pas que les autos venaient de graine?
Lise lutte encore:
—Voyons, on les construit dans dos usines. Même qu'on les livre toujours en retard.
Claude triomphe:
—Justement. C'est parce qu'elles ne sont pas mûres!
Voilà un coup droit. Lise en demeure ébranlée. Cependant, elle hausse ses petites épaules:
—Comment donc ça pousse?