7, Moy.—Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.—En citant ce passage, Bayle dit: «Voilà comment des maux chimériques, forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.

12, Athenæ.—Vers grec cité par Aulu-Gelle, III, 11, et reproduit en latin.—La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.—On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.

13, Alexandre le Grand.—Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en 336. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (334) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (333), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (331), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (323), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.—A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.

31, Possession.—Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.

32, Temperance.—Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.

34, Reproche.—Les éd. ant. à 88 aj.: que la colere.

38, Thebes.—Certaines éditions postérieures ajoutent: et de Persepolis.—Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. I, 22: [Esclaues]. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (331).

38, Menander.—Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.

39, Hephestion.—Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.

39, Persiens.—Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.