17, Capitaines.—Tacite, Hist., III, 51.—Sous Vitellius. Les lois humaines ne permettant pas de récompenser ce monstre, ni l’intérêt de la guerre de le punir, on remit à un autre temps de lui donner satisfaction, sous prétexte que le service rendu méritait plus qu’on ne pouvait faire sur le moment; on ne sait ce qui arriva ensuite.—Cette réflexion sur le changement survenu avec le temps dans les mœurs romaines, rappelle celle d’Annibal mourant: «Jadis, les Romains dénonçaient à Pyrrhus qui, à la tête d’une armée, avait envahi l’Italie, son médecin méditant de l’empoisonner; aujourd’hui, ils envoient un personnage consulaire au prince dont je suis l’hôte, pour qu’il les débarrasse de moi par un crime.» Tite-Live.

24, Honeste.—L’éd. de 88 port.: digne.

CHAPITRE II.

Ce chapitre est un des plus beaux des Essais; il est grave, profond, et partout d’un grand sens. Montaigne ne s’y montre pas fort orthodoxe, il traite son sujet en philosophe et ne le perd pas un moment de vue.—La même question a été étudiée par Charron, De la Sagesse, II, 3, 9, qui a puisé largement ici ses inspirations.

108,

1, Fait.—Aujourd’hui, c’est fini, terminé, achevé.

3, Perenne.—Perpétuelle, comme portent nombre d’éd. post.;—du latin perennis qui a cette signification. Le style de Montaigne est plein de mots latins qu’il a francisés de la sorte, changeant simplement leur terminaison.

5, Pyramides.—Monuments de l’ancienne Égypte qui servaient à la sépulture des rois ou des animaux sacrés. Les plus célèbres sont celles de Chéops (243m de large à la base, 150m de haut), de Chéfrem (102m à la base, 133 de haut), de Mycérinus (93m à la base, 51 de haut); elles s’élèvent dans le désert au S.-O. du Caire; leur construction remonte à une date incertaine, du XXe au XVe s., croit-on.—Certains pensent, et il y a lieu de croire qu’il en a été ainsi, que ces grands travaux et autres de même nature, assez nombreux dans l’antiquité, ont été accomplis en y employant, en dehors des ouvriers d’art, les hommes valides désœuvrés et que c’est une des raisons qui ont fait que la mendicité, cette plaie gangreneuse des sociétés modernes, était alors à peu près inconnue. Mais ces travaux n’ont eu qu’un temps et ne pouvaient intéresser que des territoires limités; et l’absence de mendicité dans ces temps tient surtout à la simplicité de vie d’autrefois, les besoins étaient moindres et recevaient plus aisément satisfaction; il en est encore ainsi chez les peuples à demi civilisés de notre époque où les mœurs se sont conservées telles. La mendicité tant soit peu développée, avec accroissement des crimes et délits spéciaux contre les personnes et la propriété, est une des conséquences les plus tangibles des progrès de la civilisation, par ce fait que les nécessités de l’existence et les appétits grandissants exigent plus d’efforts auxquels ne peuvent ou ne veulent satisfaire ceux qu’accablent certaines infortunes ou que tiennent la paresse et l’inconduite.

18, Demades.—Plutarque, Démosthène, 3.—Montaigne paraphrase à sa manière ce que disait cet orateur: «Qu’il s’estoit bien contredit a soy mesme assez de fois, selon les occurrences des affaires; mais contre le bien de la chose publique, iamais.»—Ce passage des Essais explique et justifie en même temps toutes les contradictions qui peuvent s’y trouver. Quel est, en effet, l’homme toujours invariable dans sa manière de voir et qui n’en change pas dans le cours de la vie, sur des points indifférents par eux-mêmes et sur lesquels on peut, sans inconvénient pour soi et pour les autres, abandonner l’opinion qu’on en a? Naigeon.

20, Resoudrois.—Je parlerais catégoriquement.