Ce chapitre est un des plus curieux, des plus variés des Essais; Montaigne s’y montre tour à tour sérieux et badin, grave et plaisant, sage et fou, moraliste austère et cynique effronté; on y trouve de tout: de la gaîté, du goût, de la raison, de la philosophie, une grande connaissance du cœur humain, des vues et des conseils très sages sur la manière de tirer parti de la vieillesse; des observations fines et judicieuses sur l’amour en général, sur le mariage, ses avantages et ses inconvénients; sur ses accidents, sur l’injustice de la jalousie, sur la chasteté, devoir difficile à observer, sur les inconvénients de notre curiosité à cet égard; sur les caractères de la véritable éloquence; sur la force que les bons esprits donnent à leur langue et les nouvelles richesses qu’ils lui apportent; sur les avantages et les défauts de la langue française; sur la liberté des écrits et des paroles, sur les avantages qu’on pourrait retirer de l’amour dans un âge avancé, etc.; en un mot, Montaigne y traite incidemment toutes sortes de matières liées à son sujet, mais dont le rapport réel n’est pas toujours facile à saisir. On croit, en lisant ce chapitre, entendre causer ensemble cinq ou six hommes d’esprit qui laissent aller la conversation comme elle vient; qui s’arrêtent plus ou moins longtemps sur certains textes, et disent toutes les folies qui leur passent par la tête; il est peu de chapitres où se montre plus de verve et d’originalité. Naigeon.

22, Pensemens.—Réflexions.

23, Onereux.—A mesure que les réflexions sur des sujets d’utilité sont plus profondes et plus solides, elles deviennent plus embarrassantes et plus fatigantes.

24, Greuent.—Pèsent, accablent, font souffrir, du latin gravare; est encore en usage.

28, Bandée.—Elle extravague, pour être continuellement appliquée à une étude si sérieuse.

31, Office.—Dans le devoir.

180,

7, Seiourne.—Qui la repose.

17, Folie.—Cette même pensée a déjà été exprimée (I, 344): «Soyez sobrement sages.»

«Dans le mal comme dans le bien,