21, Soustenions.—Nous suspendions.
26, Stile.—L’usage.
29, Semble.—Cicéron, Academ., II, 47.
39, Thaumantis.—Cicéron, De Nat. Deor., III, 20.—La mythologie fait Iris la messagère des dieux, et en particulier de Junon qui, en récompense de ses services, la métamorphosa en arc-en-ciel. Elle était fille du centaure Thaumas, d’où le surnom de Thaumantias qui lui est quelquefois donné. Thaumas signifiant en grec «admiration», Cicéron dit que c’est en raison de sa beauté, parce qu’elle est admirable, qu’on l’a faite née de Thaumas, c’est-à-dire de l’admiration qu’elle inspire; version dont use ici Montaigne.—On dit couramment: «L’admiration est la fille de l’ignorance et la mère des merveilles»; c’est l’idée qu’il a voulu exprimer, elle est plus compréhensible ainsi que de la façon dont il l’a rendue: «Iris est fille de Thaumantis», même avec ce qui y fait suite.
536,
1, Coras.—Détenu à la conciergerie de Toulouse, comme calviniste, y fut assassiné avec trois cents de ses coreligionnaires quelque temps après la S.-Barthélemy.
7, Pendu.—Discours préliminaire de l’Apologie pour Hérodote, par H. Estienne, tom. I.—Un Né Armand du Thil avait trouvé moyen, grâce à sa ressemblance avec un Né Martin Guerre, de se faire recevoir comme son mari, par la femme de ce dernier qui était absent. Il tint sa place pendant trois ans, et en eut deux enfants, sans que ni elle, ni ses parents, ni ses amis découvrissent l’imposture; au bout de ce temps, le vrai mari survenant, le procès en question s’engagea devant le parlement de Toulouse (1560); du Thil fut condamné à être pendu, puis brûlé après sa mort.—Montaigne dit que cette affaire était si peu claire, qu’à son avis un acquittement s’imposait; telle a été à notre époque l’affaire Dreyfus, où la culpabilité possible n’a cependant jamais été péremptoirement établie, dont la condamnation a divisé profondément la nation et dont un parti s’est fait si longtemps une arme contre l’armée bien innocente de la légèreté criminelle de quelques-uns; les erreurs judiciaires, comme les inhumations prématurées, sont journalières: on les éviterait en s’abstenant aussi longtemps que la certitude n’est pas faite.
11, Ans.—Valère Maxime, VIII, 1; et Aulu-Gelle, XII, 7.—Il s’agissait d’une femme de Smyrne qui avait tué son mari et son fils, lesquels avaient assassiné un autre fils qu’elle avait eu d’un premier mariage; mû par cette considération qu’il ne pouvait ni acquitter une femme coupable d’un double assassinat, ni punir une mère infortunée qu’une juste douleur avait poussée à cette vengeance, l’Aréopage ajourna à cent ans le prononcé du jugement (68).
13, Songes.—Voir ci-dessous N. III, 540: [Vif].
14, Choses.—Il s’agit probablement de la pythonisse d’Endor que Saül alla consulter. Étant en présence des Philistins, se sentant pris d’inquiétude, il consulta le Seigneur, par l’organe de ses intermédiaires ordinaires. Celui-ci ne lui ayant pas répondu, Saül fit rechercher une de ces créatures qu’il avait proscrites, habiles dans l’art de lire l’avenir et d’évoquer les morts du tombeau. On lui en indiqua une à Endor. Il s’y rendit déguisé, et lui demanda d’évoquer Samuel, ce qu’elle fit avec la permission de Dieu, disent certains pères de l’Église avec lesquels se range ici Montaigne, et elle lui prédit qu’il serait battu et que son royaume passerait aux mains de David, ce que vérifièrent les événements (1051).