23, Iustes.—«Il est difficile de dire au peuple que les lois ne sont pas justes, car il n’obéit que parce qu’il les croit telles: il serait bon qu’il comprît qu’on ne leur obéit que parce qu’elles sont lois et que c’est là ce qui les rend justes.» Pascal.

25, Sert.—Et cela leur suffit.—Jubeat lex, non suadeat. «La loi ordonne, elle ne persuade pas,» a dit le chancelier de l’Hospital.

26, Equité.—Il est curieux de rapprocher cette appréciation de ce que pensaient à cet égard les révolutionnaires de 1793. Déjà la Déclaration des droits de l’homme inscrite en tête de la Constitution du 3 septembre 1791 avait posé que le but de toute association politique est la conservation de ces droits, dont la liberté, la propriété, la sûreté, la résistance à l’oppression, qui sont naturels et imprescriptibles.—Le 24 avril 1793, la Convention discutant un projet nouveau de Constitution, Robespierre proposait d’y introduire les articles ci-après:—Toute loi qui viole les droits imprescriptibles de l’homme, est essentiellement injuste et tyrannique et n’est point loi.—Tout acte contre la sûreté ou contre la propriété d’un homme, exercé par qui que ce soit même au nom de la loi, hors des cas déterminés par elle et des formes qu’elle prescrit, est arbitraire et nul; le respect même de la loi défend de s’y soumettre et, si l’on veut l’exécuter par la violence, il est permis de le repousser par la force.—La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’homme et du citoyen.—Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.—Quand la garantie sociale manque à un citoyen, il rentre dans le droit naturel de défendre lui-même tous ses droits.—Et le 4 novembre 1848, la seconde République proclamait à son tour qu’il y a des droits antérieurs et supérieurs aux lois positives.—Cette légitimité de la résistance à des lois injustes a été fréquemment affirmée, notamment par Sophocle, Cicéron, Victor Hugo, Eugène Pelletan, Léon XIII, Pie X.

28, Ordinairement.—V. N. III, 602: [Procez].

30, Doit.—«Rien de si fautif que ces lois qui redressent les fautes; qui leur obéit parce qu’elles sont justes, obéit à la justice qu’il imagine, mais non à l’essence de la loi.» Pascal.—Cicéron n’estimait pas davantage que tout ce qui est légal, soit juste; et lui qui reconnaissait en droit la souveraineté du peuple, n’admettait pas que sa volonté fût légitime en tout ce qu’il prescrit.

35, Obseruation.—Ne dirait-on pas ceci écrit de nos jours, où la plupart de nos lois actuellement édictées, le sont par un gouvernement et des chambres où le socialisme est en progrès constant et devant lequel s’inclinent autant par veulerie que par intérêt personnel nombre de législateurs, rééditant «les crapauds du marais» de la Convention, qui ne sont inféodés à ces idées ni par leur origine, ni par leurs convictions. Pour une utile, on en compte dix qui ne le sont pas et ne tendent qu’à restreindre, en haine de la religion, de la bourgeoisie et du capital, le peu de liberté dont nous jouissons. Telles, pour ne parler que des plus récentes: la loi sur les congrégations, qui les a si arbitrairement expulsées; la loi sur l’enseignement, qui tend chaque jour de plus en plus à la suppression des écoles libres; celles sur les syndicats et le droit de grève, qui, par leurs exagérations, ont allumé la guerre entre les patrons et ceux qu’ils emploient, et qui ont déjà produit tant de ruines; celle sur le repos hebdomadaire, que l’on n’arrive pas à appliquer et qui, comme les précédentes, condamne au chômage bien des gens qui ont besoin de travailler et le voudraient; celle de la séparation de l’Église et de l’État, excellente en principe, autant qu’impolitique, mais surtout spoliatrice au suprême degré, comme l’est celle contre les congrégations; enfin la loi en préparation sur le revenu, parfaitement rationnelle aussi en principe, mais inquisitoriale au premier chef et qui, dans la réalité, ne sera qu’un instrument de persécution et d’iniquité en donnant toute facilité de taxer chacun selon ses opinions et les sympathies dont il sera l’objet.

616,

5, Physique.—C.-à-d. c’est l’unique science à laquelle je m’adonne, à l’exclusion de toute autre, qu’elle porte sur l’étude des idées ou sur celle des choses.

22, Vie.—«Savoir ce qu’il faut fuir et ce qu’il faut suivre, voilà ce qui constitue le vrai sage... De même que la nature nous a fournis de pieds pour marcher, de même elle nous a munis de prudence pour nous conduire.» Charron.

34, Faicte.—Diderot, dans l’entretien d’un père avec ses enfants, lui fait dire: «Mon fils, c’est un bon oreiller que celui de la raison, mais je trouve que ma tête repose plus doucement encore sur celui de la religion et des lois.»