A la guerre, on ne se doit attendre fiance des vns aux autres, que le dernier seau d’obligation n’y soit passé: encores y a il lors assés affaire. Et a tousiours esté conseil hazardeux, de fier à la licence d’vne armee victorieuse l’obseruation de la foy, qu’on a donnee à vne ville, qui vient de se rendre par douce et fauorable composition, et d’en laisser sur la chaude, l’entrée libre aux soldats, I, 50.
ART MILITAIRE (quelques façons de procéder de César).
Cæsar disoit qu’il falloit executer, non pas consulter les hautes entreprises, II, 654.
Il auoit accoustumé de dire, qu’il aimoit mieux la victoire qui se conduisoit par conseil que par force: Et en la guerre contre Petreius et Afranius, la Fortune luy presentant vne bien apparente occasion d’aduantage; il la refusa, esperant auec vn peu plus de longueur, mais moins de hazard, venir à bout de ses ennemis, II, 652.
Il estoit excellent mesnager du temps: car il redit maintes-fois, que c’est la plus souueraine partie d’vn capitaine, que la science de prendre au poinct les occasions, et la diligence, qui est en ses exploicts, à la verité, inouye et incroyable, II, 648.
Il accoustumoit sur tout ses soldats à obeyr simplement, sans se mesler de contreroller, ou parler des desseins de leur Capitaine; lesquels il ne leur communiquoit que sur le poinct de l’execution, II, 648.
C’estoit sa coustume, de se tenir nuict et iour pres des ouuriers, qu’il auoit en besoigne, II, 652.
En toutes entreprises de consequence, il faisoit tousiours la descouuerte luy-mesme, et ne passa iamais son armée en lieu, qu’il n’eust premierement recognu, II, 652.
Il faisoit grand cas de ses exhortations aux soldats auant le combat, II, 650.
Où les occasions de la necessité se presentoyent, et où la chose le requeroit, il ne fut iamais homme faisant meilleur marché de sa personne, II, 654.