La coustume a faict le parler de soy, vicieux: et le prohibe obstinéement en hayne de la ventance, qui semble tousiours estre attachée aux propres tesmoignages. Ie trouue plus de mal que de bien à ce remede, I, 678.
Qui se connoistra bien, qu’il se donne hardiment à connoistre par sa bouche, I, 682.
Il n’est description pareille en difficulté, à la description de soy-mesmes, ny certes en vtilité. Encore se faut il testonner, encore se faut il ordonner et renger pour sortir en place, I, 678.
Ie tien qu’il faut estre prudent à estimer de soy, et pareillement conscientieux à en tesmoigner: soit bas, soit haut, indifferemment, I, 680.
De dire de soy plus qu’il n’en y a, ce n’est pas tousiours presomption, c’est encore souuent sottise, I, 682.
De dire moins de soy, qu’il n’y en a, c’est sottise, non modestie: se payer de moins, qu’on ne vaut, c’est lascheté et pusillanimité, I, 680.
CONSCIENCE.
Les loix de la conscience, que nous disons naistre de nature, naissent de la coustume, I, 168.
En tout et par tout, il y a assés de mes yeux à me tenir en office: il n’y en a point, qui me veillent de si pres, ny que ie respecte plus, I, 158.
Il n’y a que vous qui sçache si vous estes lache et cruel, ou loyal et deuotieux: les autres ne vous voyent point, ils vous deuinent par coniectures incertaines: ils voyent, non tant vostre naturel, que vostre art. Par ainsi, ne vous tenez pas à leur sentence, tenez vous à la vostre, III, 114.