Quiconque propose seulement d’emporter ce qui le masche, il demeure court: car le bien ne succede pas necessairement au mal: vn autre mal luy peut succeder; et pire, III, 400.
Qui se doit desesperer de sa condition, voyant les secousses et mouuemens dequoy l’estat de Rome fut agité, et qu’il supporta? III, 404.
La foiblesse de nostre condition, nous pousse souuent à cette necessité, de nous seruir de mauuais moyens pour vne bonne fin, II, 556.
Epaminondas ne pensoit pas qu’il fust loisible pour recouurer mesmes la liberté de son pays, de tuer vn homme sans cognoissance de cause, III, 20.
Nous sommes subiects à vne repletion d’humeurs soit de bonnes, soit de mauuaises, qui est l’ordinaire cause des maladies. De semblable repletion se voyent les estats souuent malades: et a lon accoustumé d’vser de diuerses sortes de purgation: tantost on donne congé à vne grande multitude de familles, pour en descharger le païs, lesquelles vont chercher ailleurs où s’accommoder aux despens d’autruy, tantost on se rejette en la guerre estrangere, II, 554.
Vne guerre estrangere est vn mal bien plus doux que la ciuile: mais ie ne croy pas que Dieu fauorisast vne si iniuste entreprise, d’offencer et quereler autruy pour nostre commodité, II, 556.
ÉTAT MILITAIRE (PROFESSION).
Il n’est occupation plaisante comme la militaire: occupation et noble en execution (car la plus forte, genereuse, et superbe de toutes les vertus, est la vaillance) et noble en sa cause. Il n’est point d’vtilité, ny plus iuste, ny plus vniuerselle, que la protection du repos, et grandeur de son pays. La compagnie de tant d’hommes vous plaist, nobles, ieunes, actifs: la veuë ordinaire de tant de spectacles tragiques: la liberté de cette conuersation, sans art, et vne façon de vie, masle et sans ceremonie; la varieté de mille actions diuerses: cette courageuse harmonie de la musique guerriere, qui vous entretient et eschauffe, et les oreilles et l’ame: l’honneur de cet exercice: son aspreté mesme et sa difficulté, III, 662.
La mort est plus abiecte, plus languissante, et penible dans vn lict, qu’en vn combat: les fiebures et les caterrhes, autant douloureux et mortels, qu’vne harquebuzade, III, 664.
EXPÉRIENCE.