Quantes-fois, estant marry de quelque action, que la ciuilité et la raison me prohiboient de reprendre à descouuert, m’en suis-ie desgorgé, non, sans dessein de publique instruction en ces verges poëtiques qui s’impriment encore mieux en papier, qu’en la chair viue, III, 524.
Quand pour sa droiture ie ne suyurois le droit chemin, ie le suyurois pour auoir trouué par experience, qu’au bout du compte, c’est communement le plus heureux, et le plus vtile, III, 452.
I’aymeroy bien plus cher, rompre la prison d’vne muraille, et des loix, que de ma parole, III, 416.
Ie promets volontiers vn peu moins de ce que ie puis, et de ce que i’espere tenir, III, 524.
Ie me contente de iouïr le monde, sans m’en empresser: de viure vne vie, seulement excusable: et qui seulement ne poise, ny à moy, ny à autruy, III, 390.
Ma forme essentielle, est propre à la communication, et à la production: ie suis tout au dehors et en euidence, nay à la societé et à l’amitié, III, 146.
Les hommes, de la societé et familiarité desquels ie suis en queste, sont ceux qu’on appelle honnestes et habiles hommes, III, 146.
Ie cherche à la verité plus la frequentation de ceux qui me gourment, que de ceux qui me craignent. C’est vn plaisir fade et nuisible, d’auoir affaire à gens qui nous admirent et facent place, III, 338.
I’ayme entre les galans hommes, qu’on s’exprime courageusement: que les mots aillent où va la pensee. Il nous faut fortifier l’ouye, et la durcir, contre cette tendreur du son ceremonieux des parolles. I’ayme vne societé, et familiarité forte, et virile: vne amitié, qui se flatte en l’aspreté et vigueur de son commerce: comme l’amour, és morsures et esgratigneures sanglantes, III, 336.
Aux propos que ie ne puis traicter sans interest, et sans emotion, ie ne m’y mesle, si le deuoir ne m’y force, III, 506.