PASSIONS.
L’ame en ses passions se pipe plustost elle mesme, se dressant vn faux subiect et fantastique, voire contre sa propre creance, que de n’agir contre quelque chose, I, 42.
Qui ne sçait leur fermer la porte, ne les chassera pas entrées, III, 510.
Les passions qui sont toutes en l’ame, comme l’ambition, l’auarice, et autres, donnent bien plus à faire à la raison: que celles qui tiennent au corps et à l’ame, laquelle n’y peut estre secourue, que de ses propres moyens: ny ne sont ces appetits là, capables de satieté: voire ils s’esguisent et augmentent par la iouyssance, II, 634.
Toutes passions qui se laissent gouster, et digerer, ne sont que mediocres, I, 26.
PÉDANTISME.
I’ayme et honore le sçauoir, autant que ceux qui l’ont. Et en son vray vsage, c’est le plus noble et puissant acquest des hommes. Mais en ceux, et il en est vn nombre infiny de ce genre, qui en establissent leur fondamentale suffisance et valeur: ie le hay, alors si ie l’ose dire, vn peu plus que la bestise. En mon pays, et de mon temps, il amande assez les bourses, nullement les ames, III, 312.
PEINE (PUNITION).
La peine suit de bien prés le peché: elle naist en l’instant et quant et quant le peché luy mesme, I, 658.
Quiconque attent la peine, il la souffre, et quiconque l’a meritée, l’attend, I, 660.