Il est d’autre part certaine façon d’humilité subtile, qui naist de la presomption: nous recognoissons nostre ignorance, en plusieurs choses, et sommes si courtois d’auoüer, qu’il y ait és ouurages de Nature, aucunes qualitez et conditions, qui nous sont imperceptibles, et desquelles nostre suffisance ne peut descouurir les moyens et les causes. Que par cette honneste et conscientieuse declaration, nous esperons gaigner qu’on nous croira aussi de celles, que nous dirons entendre, III, 40.
Il semble à la verité, que Nature, pour la consolation de nostre estat miserable et chetif, ne nous ait donné en partage que la presumption. Nous n’auons que du vent et de la fumée en partage, II, 204.
PRÉVOYANCE.
La preuoyance conuient egallement à ce qui nous touche en bien, et en mal. Considerer et iuger le danger, est aucunement le rebours de s’en estonner, III, 390.
PRIÈRES (dévotion, Dieu).
Ie ne louë pas volontiers ceux, que ie voy prier Dieu plus souuent et plus ordinairement, si les actions voisines de la priere, ne me tesmoignent quelque amendement et reformation, I, 580.
Nous prions par vsage et par coustume: ou pour mieux dire, nous lisons ou prononçons noz prieres: ce n’est en fin que mine, I, 580.
C’est de la conscience que la priere doit estre produite, et non pas de la langue, I, 584.
Il ne faut pas demander à Dieu que toutes choses suiuent nostre volonté, mais qu’elles suiuent la prudence, I, 592.
La priere des Lacedemoniens publique et priuée portoit, simplement les choses bonnes et belles leur estre octroyées: remettant à la discretion de la puissance supreme le tirage et choix d’icelles, II, 368.