C’est peu, au seruice des Princes, d’estre secret, si on n’est menteur encore, III, 188.

Sans compter qu’il se faut bien garder de faire tant de seruice à son maistre, qu’on l’empesche d’en trouuer la iuste recompence, III, 368.

Les ames des Empereurs et des sauatiers sont iettees à mesme moule. Les Princes sont menez et ramenez en leurs mouuemens, par les mesmes ressors, que nous sommes aux nostres. Ils veulent aussi legerement que nous, mais ils peuuent plus, II, 180.

Le langage des hommes nourris sous la Royauté, est tousiours plein de vaines ostentations et faux tesmoignages: chascun esleuant indifferemment son Roy, à l’extreme ligne de valeur et grandeur souueraine, I, 30.

Vn pur courtisan ne peut auoir ny loy ny volonté, de dire et penser que fauorablement d’vn maistre, qui parmi tant de milliers d’autres subiects, l’a choisi pour le nourrir et eleuer de sa main. Cette faueur et vtilité corrompent non sans quelque raison, sa franchise, et l’esblouissent, I, 246.

L’immoderee largesse, est vn moyen foible à leur acquerir bien-vueillance: car elle rebute plus de gens, qu’elle n’en practique, III, 298.

Les subiects d’vn Prince excessif en dons, se rendent excessifs en demandes: ils se taillent, non à la raison, mais à l’exemple, III, 298.

Si la liberalité d’vn Prince est sans discretion et sans mesure, ie l’ayme mieux auare. La vertu Royalle semble consister le plus en la iustice, III, 298.

Les enfans des Princes n’apprennent rien à droict qu’à manier des cheuaux: en tout autre exercice, chacun fleschit soubs eux, et leur donne gaigné: mais vn cheual qui n’est ny flateur ny courtisan, verse le fils du Roy par terre, comme il feroit le fils d’vn crocheteur, III, 326.

Nous deuons la subiection et obeïssance egalement à tous Rois: car elle regarde leur office: mais l’estimation, non plus que l’affection, nous ne la deuons qu’à leur vertu, I, 30.