Ie hay cet accidental repentir que l’aage apporte. Le chagrin, et la foiblesse nous impriment vne vertu lasche, et caterreuse. Il ne nous faut pas laisser emporter si entiers, aux alterations naturelles, que d’en abastardir notre iugement, III, 130.

Qui vit iamais vieillesse qui ne louast le temps passé, et ne blasmast le present, chargeant le monde et les mœurs des hommes, de sa misere et de son chagrin? II, 420.

L’esprit parfois a le priuilege, de se r’auoir de la vieillesse, ie luy conseille autant que ie puis, de le faire: qu’il verdisse ce pendant, s’il peut, comme le guy sur vn arbre mort, III, 184.

Quand ie pourroy me faire craindre, i’aimeroy encore mieux me faire aymer. Il y a tant de sortes de deffauts en la vieillesse, tant d’impuissance, elle est si propre au mespris, que le meilleur acquest qu’elle puisse faire, c’est l’affection et amour des siens: le commandement et la crainte, ce ne sont plus ses armes, II, 34.

La vieillesse a vn peu besoin d’estre traictee plus tendrement. Recommandons la à ce Dieu protecteur de santé et de sagesse: mais gaye et sociale, III, 704.

VOLUPTÉ (PLAISIRS).

I’estime pareille iniustice, de prendre à contre cœur les voluptez naturelles, que de les prendre trop à cœur, III, 684.

Qui ne se donne loisir d’auoir soif, ne sçauroit prendre plaisir à boire, I, 488.

La volupté est qualité peu ambitieuse; elle s’estime assez riche de soy, sans y mesler le prix de la reputation: et s’ayme mieux à l’ombre, III, 182.

L’intemperance est peste de la volupté: et la temperance n’est pas son fleau: c’est son assaisonnement, III, 692.