22, Homme.—Cette idée si juste et les termes employés à la rendre si heureux sont passés à l’état d’aphorisme que l’on entend dire sans cesse. Charron s’en est emparé comme de tant d’autres de Montaigne; le chapitre I du premier livre de son ouvrage sur la Sagesse commence ainsi: «L’homme est un sujet merveilleusement divers et ondoyant, et sur lequel il est très malaisé d’y avoir un jugement assuré.»—«L’inconstance des hommes est si variée dans ses effets, qu’on peut essayer de la peindre, même après Pascal» (Chateaubriand).—Ondoyant et divers est du reste une expression qu’affectionne Montaigne, on la retrouve à diverses reprises dans les Essais, I, 300: II, 70.
22, Vniforme.—Pensée à rapprocher du ch. I du liv. II, où Montaigne traite de l’inconstance de nos actions.
27, Peine.—En 79. Les Mamertins étaient les descendants des mercenaires employés, lors de leurs guerres, par les Syracusains et les Carthaginois. Ramassis de gens sans aveu et de tous les pays, ils s’étaient établis par les armes aux environs de Messine, en Sicile, dont ils avaient fait leur place d’armes, prenant pour nom celui de leur dieu Mamers ou Mars confirmant par là leur résolution de faire la guerre pour la guerre, et, de fait, ne vivant que de brigandage.—Lors de la guerre civile entre Marius et Sylla, ils avaient embrassé le parti du premier à l’instigation de l’un de leurs orateurs (que Plutarque nomme Stenon dans l’Instruction pour ceux qui manient affaires d’état, Stennius dans les Apophthegmes, Stenis dans la Vie de Pompée), ce qui avait attiré sur eux Pompée, lieutenant du second. S’étant tout d’abord réclamés de leur privilège, ils s’étaient attiré cette réponse: «Que parlez-vous de lois à qui porte l’épée?»—Lors de la reddition de Calais aux Anglais, en 1347, Eustache de S.-Pierre a renouvelé l’acte de dévouement de Sténon à l’égard de ses concitoyens.
27, Peruse.—En 82. Le jeune Marius, battu, s’était réfugié à Preneste (et non Pérouse), dans le Latium, contrée d’Italie avoisinant Rome. La ville, assiégée par les troupes de Sylla, dut capituler. Cethegus, lieutenant de Sylla, avait promis la vie sauve à la population; mais le dictateur, s’y étant rendu en personne, fit d’abord juger et exécuter chacun des habitants en particulier; puis trouvant que ces formalités lui prenaient trop de temps, il les fit tous rassembler en un même lieu au nombre de 12.000, et égorger en sa présence. Il ne voulut faire grâce de la vie qu’à son hôte, mais celui-ci lui dit qu’il ne voulait pas devoir son salut au bourreau de sa patrie, et, se jetant au milieu de ses compatriotes, il se fit tuer avec eux. Plutarque, Instruction pour ceux qui manient affaires d’état.
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8, Talons.—«Et qu’on y trauersast vne corde». Add. de 1558.
15, Opposition.—En 332. Outre que la résistance prolongée de Gaza avait contrarié les projets d’Alexandre en retardant son entrée en Égypte, ce siège avait coûté beaucoup de sang aux Macédoniens, lui-même y avait été blessé. De là son ressentiment contre Bétis qui avait été l’âme de la défense, à quoi il faut ajouter, dit Quinte-Curce, IV, 6, qu’en cela il se glorifiait d’imiter en quelque sorte dans sa vengeance Achille, l’auteur de sa race, traînant le cadavre d’Hector ainsi attaché derrière son char.
29, Esclaues.—En 335. Les Thébains avaient pris occasion de donner le signal du soulèvement de la Grèce asservie par Philippe de Macédoine, alors qu’Alexandre son successeur combattait les Barbares sur l’Ister (Danube). Revenant en hâte, et ses offres de conciliation ayant été repoussées, le nouveau roi assiège Thèbes, s’en empare après une défense acharnée qui coûte 6.000 h. à ses adversaires, et la fait raser. A l’exception des prêtres, de ses partisans et des descendants de Pindare dont il avait respecté la maison, tout le reste fut vendu comme esclaves. Sa colère passée, Alexandre fit bon accueil à tous les Thébains échappés au désastre, qui s’adressèrent à lui; et, par la suite, il marqua à diverses reprises son regret de s’être montré si dur en cette circonstance. Il attribua le meurtre de Clitus, le refus de son armée de le suivre au delà de l’Indus, à la rancune de Bacchus, dieu tutélaire de Thèbes. Diodore de Sicile, XVII, 4.
CHAPITRE II.
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