«Quand un roi fainéant, la vergogne des princes,

Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces,

Entre les voluptés indignement s’endort,

Quoique l’on dissimule, on n’en fait point d’estime.

Et si la vérité se peut dire sans crime,

C’est avecque plaisir qu’on survit à sa mort.» Malherbe.

On ne saurait dire toutefois que, même de nos jours, la mémoire des Chefs d’État qui, abusant de leur irresponsabilité constitutionnelle, laissent tout faire, échappe à toute sanction. La simple énonciation d’une quelconque de ces mentions, suivant le cas: «Panama, Fachoda, Algésiras, Grèves universelles, Expulsion des congrégations, Suppression de l’enseignement religieux, Confiscation des biens de l’Église, Accroissement des monopoles, Déficit,etc...», au revers d’une médaille à leur effigie, en dira plus à la postérité que toutes les polémiques de l’époque.

7, Loix.—Comparaison tirée des corporations de métiers: le maître et le compagnon.

9, Successeurs.—A Venise, après la mort d’un doge, on nommait trois inquisiteurs chargés de recevoir les plaintes de ceux auxquels il avait pu faire quelque dommage pécuniaire; ses héritiers en devaient réparation, quelquefois même avec amende.—Il devrait bien en être actuellement ainsi en France, non seulement à l’égard des Chefs de l’État, mais de tout ministre, et cette instruction s’ouvrir dès qu’ils sortiraient de charge et s’étendre sans que jamais il y ait prescription à tous les dénis de justice, quels qu’ils soient, commis aussi bien par action que par omission, c’est-à-dire qu’ils aient commis soit par abus d’autorité, faiblesse, compromis politique et même par ignorance, ou laissés s’accomplir quand leur devoir eût été de s’y opposer; on évincerait peut-être de la sorte de ces fonctions, pour le plus grand bien de la chose publique, nombre de gens sans caractère ou incapables que nous voyons journellement briguer ou accepter ces mandats.

13, Leur.—Au ch. XLII de ce même livre (I, 492), Montaigne reprend cette même idée: «... le méchant, le bon roy... autant en a l’vn que l’autre».