28, Cicero.—De Divinat., I, 3.
32, Principesques.—Catherine de Médicis, entre autres, qui avait un astrologue attitré, Ruggieri, qu’elle avait amené d’Italie et pour lequel elle avait fait construire un observatoire. Il lui avait prédit qu’il y avait danger pour le roi son mari (Henri II) à prendre part au tournoi où il fut blessé mortellement, et elle avait fait en suite de cette prédiction tous ses efforts pour détourner ce prince d’entrer en lice.
32, Vanitez.—Chez les Romains, on punissait quelquefois un général vaincu de ne pas avoir tenu compte des présages; c’était un effet de leur politique, voulant montrer ainsi au peuple que les revers qu’ils éprouvaient ne provenaient pas de la mauvaise constitution de l’État, ou de sa faiblesse, mais de l’impiété d’un citoyen contre lequel les dieux étaient irrités.
36, Grece.—Ces prédictions de l’empereur Léon concernaient la chute du Bas-Empire et les malheurs de Constantinople; elles sont consignées dans un manuscrit grec de la bibliothèque de l’Escurial (résidence ordinaire des rois d’Espagne).
78,
10, Plaira.—Parmi ces prophéties, les plus célèbres sont celles sur les papes, de Malachie, archevêque d’Arnagh, en Irlande (XIe siècle), qui, du reste, sont considérées comme apocryphes; et celles de Nostradamus (XVIe siècle), dont Henri II et Catherine de Médicis faisaient grand cas et qui sont formulées en quatrains extravagants où l’on peut voir tout ce que l’on veut.
12, Discours.—De sa raison.—Ce mot «discours», qui revient souvent dans Montaigne, y est pris dans les acceptions les plus variées. Outre son acception ordinaire en tant qu’expression de la pensée, entretien, conversation, il est pris souvent au cours des Essais dans le sens de raison, intelligence, entendement, comme il arrive ici, et dans bien d’autres, signifiant: Raisonnement, jugement: «I’ay veu quelqu’vn... courre la mort à force... par diuers visages de discours que ie ne luy sceu rabattre» (I, 448):—Sagesse: «Gallus Vibius... se pouuoit vanter d’estre deuenu fol par discours», porte l’édition de 1588; «par sagesse», porte celle de 1595 (I, 134);—Dessein: «Ie m’abandonne... à tousiours dire ce que ie pense, et par complexion et par discours», porte l’édition de 1588; «et par dessein», porte celle de 1598 (II, 496):—Opinion: «Il a cuidé m’imprimer non tant son discours, que son sentiment» (III, 638);—Volonté: «Il y a plusieurs mouuemens en nous qui ne se partent pas de nostre discours», porte l’édition de 1588, «de nostre ordonnance», porte celle de 1595 (I, 392);—Supériorité, difficulté: «Il y a encore plus de discours à instruire autruy qu’à estre instruit» (II, 160);—Art, artifice, ingéniosité, parti pris: «A peine est-il en son pouuoir... de gouster un seul plaisir... encore se met-il en peine de le retrancher par discours» (I, 350). Motheau et Jouaust, Glossaire.
15, Suiuies.—Socrate prétendait entendre constamment en lui une voix intérieure, qu’il appelait son démon familier, l’inspirant et en lequel il manifestait une confiance aveugle. En cela, il semble avoir été de la plus entière bonne foi; il n’y a pas apparence que ç’ait été de sa part une imposture pour donner plus de crédit à sa parole et aider à son rôle de réformateur; du reste, Montaigne ne le met pas en doute et ne fait qu’en donner une explication. Voir sur Socrate N. III, 576: [L’vn].—On retrouve l’analogue dans les voix de Jeanne d’Arc la sollicitant sans cesse, d’après son dire que nous ne contestons pas davantage, à s’employer à jeter les Anglais hors de France.
17, Fortuite.—Daniel de Foë, l’auteur de Robinson Crusoé, a écrit, comme suite à cet ouvrage, sur l’importance qu’il y a à ne pas négliger ces sortes de pressentiments qu’il attribue à des avertissements donnés par des intelligences célestes; peut-être n’est-ce simplement que le fait du travail inconscient de l’esprit préoccupé d’une idée qui nous fait entrevoir des éventualités que nous retenons lorsqu’elles ont de l’à-propos, et dont nous ne nous souvenons même pas quand, ce qui arrive le plus souvent, elles ne se réalisent pas et, par suite, n’éveillent pas notre attention.
20, Socrates.—Platon, dans Théagès.