1, Passées.—Voltaire appelle le moment de la mort: «celui où les menteurs disent vrai». Lettre à d’Alembert.
6, Alors.—Scipion, beau-père de Pompée, auquel une vie de débauche et de nombreuses exactions étaient à reprocher, se trouva par des vents contraires rejeté sur la côte d’Afrique et son bateau bientôt envahi par les ennemis qu’il fuyait. Ceux-ci, qui ne le connaissaient pas, le cherchant et demandant où était le général: «Le Général, leur répondit-il, est en sûreté», et sur ces mots, il se perça de son épée (46).—Ce que Montaigne dit ici de ce Scipion, d’après Sénèque, Epist. 24, on pourrait le dire également de l’empereur Othon dont la mort, après la bataille de Bebriac (69), fait presque pardonner la mollesse et les débauches de sa vie et dont Tacite dit: «Les autres ont conservé plus longtemps le pouvoir, personne ne l’a quitté avec plus de courage et de sérénité.»—Ces exemples témoignent de la justesse de cette observation de Vauvenargues: «On ne peut juger de la vie par une plus fausse règle que la mort.»
9, Resoudre.—Plutarque, Apophthegmes.
16, Croist.—De sa croissance, à la fleur de son âge, disons-nous aujourd’hui.—«Celui qu’aiment les dieux, meurt jeune.» Menandre.
21, Course.—Il semble qu’il soit ici question de Henri de Lorraine, dit le Balafré, duc de Guise, qui aspirait au trône de France et était sur le point d’y parvenir, quand il fut assassiné à Blois, par ordre de Henri III (1588); précisément à l’époque ou peu après, Montaigne a dû écrire ces lignes qui ne se trouvent pas dans l’édition parue cette même année.
CHAPITRE XIX.
Ce chapitre porte le no XX dans les éd. ant. et l’ex. de Bordeaux.
24, Mourir.—Charron qui, dans tout le cours de son traité de la Sagesse, a copié Montaigne, ne lui a fait nulle part des emprunts aussi étendus et aussi multipliés que dans ce chapitre et dans le chapitre III du livre II (Coustume de l’isle de Cea); on peut s’en assurer en lisant particulièrement son ch. XI du liv. II, intitulé: «Se tenir toujours prêt à la mort, fruit de la sagesse.»
26, Mort.—«Toute la vie des philosophes, disait Socrate, est une continuelle méditation de la mort.» Platon, dans le Phédon; Cicéron, Tusc., I, 31.
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