23, Donnée.—«Si Dieu avait donné le choix, ou de mourir, ou de toujours vivre; après avoir médité profondément ce que c’est, que de ne voir nulle fin à la pauvreté, à la dépendance, à l’ennui, à la maladie; ou de n’essayer des richesses, des plaisirs et de la santé que pour les voir changer inévitablement en leurs contraires par la révolution du temps, et être ainsi le jouet des biens et des maux, l’on ne saurait guère à quoi se résoudre. La nature nous fixe et nous ôte l’embarras de choisir; et la mort qu’elle nous rend nécessaire, est encore adoucie par la religion.» La Bruyère.—«Si nous étions immortels, nous serions des êtres très misérables. Il est dur, sans doute, de mourir; mais il est doux d’espérer qu’on ne vivra pas toujours et qu’une meilleure vie finira les peines de celle-ci. Si on nous offrait l’immortalité sur la terre, qui est-ce qui voudrait accepter ce triste présent? quelles ressources, quels espoirs, quelles consolations nous resteraient contre les rigueurs du sort et les injustices des hommes?» J.-J. Rousseau, Émile, II.
24, Priué.—Le Tasse, près de rendre le dernier soupir, disait: «Si la mort n’était pas, il n’y aurait au monde rien de plus misérable que l’homme.»
«La vie n’est qu’un amas de craintes, de douleurs,
De travaux, de soucis, de peines;
Pour qui connaît les misères humaines,
Mourir n’est pas le plus grand des malheurs.» Mme Deshoulières.
«Celui-là qui meurt jeune, est aimé des dieux.»—«J’aurais bien aimé à mourir entre les bras de ma nourrice, cela m’aurait ôté bien des ennuis et m’aurait donné le ciel bien sûrement et bien aisément» (Mme de Sévigné).
30, Indifférent.—Diogène Laerce, I, 35.
132,
1, Arriue.—C’est de cette même idée que s’inspire cette inscription qui se lit fréquemment sur les cadrans solaires: «Vulnerant omnes, ultima necat (Toutes les heures nous blessent, la dernière nous tue)», que certains trouveraient plus juste si elle était rédigée: «Vulnerant omnes, ultima sanat (la dernière guérit)», puisque cette dernière met fin à nos maux.