3, Luy.—Louis XI, qui, en 1468, se mit en grand danger, ainsi que le rapporte, en l’en blâmant, Philippe de Comines, son historien, dans ses Mémoires, II, 5 à 7. Lors de son entrevue avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, à Péronne, place appartenant à ce dernier, la ville de Liège s’étant révoltée contre le duc, à l’instigation du roi qui ne pensait pas que l’événement fût si prompt, Louis XI, retenu prisonnier par son vassal irrité, courut risque de la vie, et, pour sortir de ce mauvais pas, dut subir de très humiliantes conditions, grâce auxquelles, sur le moment, il réussit à tromper son adversaire par la confiance qu’il lui témoigna, et en arriva à le détacher de ses ennemis comme c’était son dessein. Une fois hors de danger, en fin renard qu’il était, il éluda peu à peu toutes les concessions qui lui avaient été arrachées.

4, Cæsar.—Il est souvent question de César dans les Essais, c’est pourquoi nous résumons ici la partie la plus saillante de la vie de ce grand capitaine.—Après quelques succès en Espagne, il conquiert la Gaule (58 à 49) et pénètre jusque dans la Bretagne (auj. l’Angleterre). Arrivé au terme de son commandement, Pompée, jusqu’alors son allié, jaloux de ses succès, empêche qu’il lui soit continué. Irrité de ce qu’il considère comme une injustice, César passe les Alpes avec son armée, franchit avec elle le Rubicon, ce que les lois interdisaient, et marche sur Rome, d’où Pompée s’enfuit avec le Sénat, 49. César entre à Rome, se fait décerner la dictature, bat en Italie et en Espagne les lieutenants de Pompée, l’atteint lui-même en Macédoine et remporte sur lui une bataille décisive dans les plaines de Pharsale, 48. Pompée s’enfuit en Égypte où il est assassiné. César y arrive après lui; de là il va en Asie où, en trois jours, il détrône le roi du Pont qui s’était révolté; passe en Afrique, y détruit à Thapsus l’armée républicaine commandée par Métellus, Scipion et Caton, 46; puis en Espagne où, battant à Munda, 45, le fils de Pompée, il achève d’anéantir le parti. Revenu à Rome, il se fait décerner la dictature à vie, et, maître du pouvoir absolu, n’en use que pour le bien. Accusé par ses ennemis d’aspirer à la royauté, il est assassiné en plein Sénat, 44.—Grand guerrier et grand homme d’État, César était aussi un excellent orateur et un écrivain élégant; de ses écrits, il ne nous reste que ses Commentaires sur la guerre des Gaules et les guerres civiles, simples souvenirs d’un soldat, qui, par le mouvement, la netteté, la concision, sont un modèle du genre des mémoires historiques.

10, Metuens.—En 48, à Plaisance. Les soldats accusaient leurs chefs de traîner la guerre en longueur; César, alors à Marseille, revenant d’Espagne, accourut en hâte. Ayant apaisé la sédition, il livra au supplice douze des plus mutins tirés au sort sur 120 des plus coupables; un d’eux prouva son innocence, le centurion qui l’avait dénoncé fut exécuté sur place. Dans ses Commentaires, César ne mentionne pas cette mutinerie.

20, Scrupule.—«De toute marque de crainte et de défiance.»

25, Tué.—En 1548, à Bordeaux, lors d’un soulèvement occasionné par l’impôt de la gabelle (impôt sur le sel, dont chacun était tenu d’acheter une quantité déterminée), imposé à la ville qui, jusqu’alors, n’y avait pas été soumise. Tristan de Monnaisis, qui en était gouverneur et dont il est question ici, périt dans cette émeute.

27, Soubsmission.—88 port.: d’humilité.

28, Suyuant qu’en guidant.—Var. de 88: flattant que commandant.

30, Vne gracieuse... confiance.—Var. de 88: la fermeté, l’authorité et vne contenance de paroles.

34, Bienseance.—Autrement dit: «Il n’y a rien qu’on ne puisse moins attendre d’une populace surexcitée que l’humanité et la douceur: elle est bien plutôt susceptible de respect et de crainte»; ce qui est de toute vérité, les foules étant aussi lâches que cruelles.

38, Aualer toute.—Soutenir jusqu’au bout sa première résolution.