Il renfle l’âme et ne la nourrit pas.»

41, Peine.—Platon, Protagoras.—Parmi ces disciples, Protagoras comptait Evathlus, qui s’était engagé à lui solder le prix de ses leçons, lorsqu’il aurait gagné sa première cause; le moment venu, il déclara n’avoir rien à payer, et sur la menace d’être cité en justice, dit à son maître: «Allons, si les juges se prononcent pour moi, d’après la sentence, je ne devrai rien; si c’est toi qui l’emportes, ayant perdu, je ne devrai pas davantage, du fait même du pacte que nous avons conclu.» A quoi le maître répondit: «S’ils se prononcent pour moi, tu devras me payer selon la sentence; si tu l’emportes, ayant gagné, tu le devras pareillement, aux termes mêmes de notre convention.» Maître et disciple étaient aussi retors et fripons l’un que l’autre. V. N. III, 344: [Protagoras].

41, Chouez.—Frustrés, déchus de leurs espérances.—De chouer, qui n’est plus d’usage, est venu échouer.

214,

16, Galimatias.—Mélange confus de paroles et d’idées incohérentes que l’on ne saurait comprendre, quoiqu’elles semblent signifier quelque chose.—Vient des mots latins galli et Mathias que prononça, s’embrouillant, au lieu de dire gallus Mathiæ, l’avocat d’une cause où il s’agissait d’un coq appartenant à un Mathias.

20, Robbe.—Nicole a dit que la pédanterie est un vice de l’esprit et non de la robe.—On naît pédant, même sur les marches d’un trône. Joachim du Bellay, dans un sonnet, dit que pédant ou roi se touchent de près, que l’un et l’autre régentent et ont état et sujets, et termine en disant de Denys le Jeune:

«Et c’est pourquoi, jadis, le roi syracusain

Voulut être pédant, ne pouvant être prince.»

26, Creux.—C’est le cas des intellectuels de nos jours chez lesquels, comme chez le pédant de Montaigne que La Fontaine a aussi connu et stigmatisé, l’instruction et le jugement vont rarement de pair, et qui, mécontents de la société où la place qu’ils occupent, pour si honorable qu’elle soit bien que modeste, ne leur semble pas en rapport avec le mérite qu’ils s’attribuent; et partant de là, ils se font en France, à la remorque des socialistes, les apôtres de l’internationalisme et de l’antimilitarisme et s’appliquent à renverser l’état social actuel, en sapant chez la jeunesse confiée à leurs soins la religion et l’armée qui en constituent les bases essentielles, s’y adonnant avec une ardeur qui n’a d’égale que celle que leurs congénères de l’Allemagne ont, en sens inverse, apportée à son relèvement après Iéna et Wagram. Ceux-ci ont abouti aux succès de 1815 et à ceux plus éclatants encore de 1870-71; à quels nouveaux désastres ceux-là, qui ont déjà à leur actif la Commune et, ce qui nous a fait plus de mal encore, les troubles démoralisateurs dont l’affaire Dreyfus a été le prétexte, ne nous exposent-ils pas dans leur aveuglement et malgré leur infime minorité, secondés qu’ils sont, il faut bien le reconnaître, par l’inertie non moins regrettable de tous les autres que le patriotisme et les leçons de l’expérience devraient rendre plus clairvoyants!

32, Courtisane.—A la manière des courtisans, des gens qui fréquentent la cour.